





I. Trois concepts à la base de ma problématique
L'environnement, le développement durable, l'éducation à l'environnement et au développement durable ont pris de l’importance au fur et à mesure que les crises économiques s’additionnaient et que les problématiques environnementales se posaient (Voir « Dates clés du développement durable » en annexes p 1 et 2). J'ai voulu définir ces trois concepts à la base de ma problématique.
1. Le Développement durable
Le développement durable est « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs », citation de Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien (1987). En 1992, le Sommet de la Terre à Rio officialise la notion de développement durable et décrit les trois piliers qui le compose: un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable.
Schéma du développement durable : à la confluence de trois préoccupations, dites « les trois piliers du développement durable » Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9veloppement_durable 2. L'Environnement De nombreuses définitions existent, j'ai choisi celle du site Aquaportail : « L'environnement est non seulement l'espace où se développe la vie (...), mais comprend également des êtres vivants, des objets, l'eau, le sol, l'air et les relations entre eux ainsi que les actifs incorporels comme la culture. »
3. L'Education à l'Environnement et au Développement Durable (EEDD)
La conférence de Tbilissi, en 1977, a proposé cette définition de l’éducation à l’environnement : « L’éducation à l’environnement est une éducation civique qui a pour but d’amener les individus et les collectivités à saisir la complexité de l’environnement tant naturel que créé par l’homme, complexité due par l’interactivité de ses aspects biologiques, physiques, sociaux, économiques et culturels. »
Avec les concepts d'éducation à l'environnement et de développement durable, les animateurs nature vont changer de nom et devenir des éducateurs à l'environnement, professionnels de l'EEDD. Ces éducateurs doivent s'adapter aux changements écologiques, sociaux, économiques et politiques et savoir s'adresser à tous les publics en tout lieu.
Le ministère de la transition écologique gère la politique publique d'éducation à l’environnement et au développement durable. Il est aidé dans cette mission par différents ministères comme le ministère de l'Education Nationale, de la culture, de l'agriculture...et s'appuie sur différents réseaux comme le réseau « Ecole et nature », (réseau auquel appartient l'association au sein de laquelle j'ai fait mon stage), la fédération des clubs « Connaître et Protéger la Nature »...
L'éducation à l’environnement et au développement durable aborde tous les thèmes liés aux problématiques environnementales : comment faire face au changement climatique, à la raréfaction des ressources, utiliser de nouvelles énergies, recréer des zones de vie pour accueillir la biodiversité, consommer, produire et habiter autrement, vivre ensemble …mobilité, consommation, alimentation, énergie, climat, déchets, biodiversité … en proposant des actions aussi diversifiées que possible : actions de terrain qui s'appuient sur des supports existants ou réalisés par les éducateurs à l'environnement : mallettes, fiches, jeux, jardins pédagogiques, ENS (Espaces Naturels Sensibles)....
Je vais maintenant présenter l'association qui m'a accueilli pendant les 5 semaines de stage.
II. Présentation de l'association ADATER
1. Présentation générale
1.1. L'historique et la composition de l'association
L’ADATER, Association pour le Développement de l'Agri-Tourisme en Espace Rural, a été créée en 1992 par Simone AUCLAIR, une naturaliste qui avait pour objectif de développer l’agri-tourisme dans l’espace rural du Bocage Bourbonnais. Entourée de ses amis naturalistes et d’éducateurs nature, elle souhaitait faire partager sa passion pour le patrimoine naturel et culturel du nord Allier. Dès le début, l’association a eu pour objet de contribuer au développement de l’éducation à l’environnement auprès des différents publics et de participer au développement local. La SCI (Société Civile et Immobilière) de la Ferme de Conflant a vu le jour pour acheter un domaine de 57 ha situé sur les communes d'Agonges (03) et de Couzon (03). Cette acquisition avait pour but de mettre sur pieds une ferme pédagogique. Les élus et la population locale ne soutenaient pas ce projet avant-gardiste. L'ADATER a donc fait évoluer son projet associatif pour se consacrer à l'EEDD. Elle se professionnalise en 1998 en embauchant ses premiers éducateurs à l'environnement. En 2001, elle crée la Maison de la Nature au Veurdre, lieu d'accueil du public et d'expositions. Suite à un changement de municipalité, elle ferme la maison de la nature et déménage à Château sur Allier en 2009. Elle recentre son activité sur l'éducation du jeune public et sur le développement du jardin-refuge qui s'agrandit.
En 2018, l'acronyme a changé de signification, ADATER devient: Animation et Développement d'Actions Techniques pour une Eco-citoyenneté Responsable. Aujourd'hui, l'association est « dans l'air du temps » mais il est parfois encore difficile de travailler avec les écoles, les élus et les associations du secteur. Les habitants proches sont assez peu présents aux animations.
Comme toute association de loi 1901, l'ADATER est gérée par un conseil d’administration présidé par 2 Co-Présidents (AUCLAIR René et CARUYER Benoit), une secrétaire (MARNE Lydie) et une secrétaire adjointe (VITRE Ghislaine), un trésorier (MOULIN Gérald) et un trésorier adjoint (DUCLOU Aurélie). 156 adhérents en 2019 et quelques bénévoles administrateurs viennent en soutien des salariés.
L’ADATER recherche continuellement des bonnes volontés pour faire vivre l’association, entretenir ou animer le jardin refuge. Pour la soutenir, il faut adhérer à celle-ci (adhésion individuelle : 15 €, Couple : 25 € et Famille : 35 €). L’adhésion offre la possibilité de participer aux sorties et aux stages à moitié prix, mais aussi d’emprunter gratuitement des magazines, des documents, des ouvrages spécialisés et des vidéos nature.
L’équipe salariée
Elle est constituée de trois personnes qui m'ont encadré pendant mon stage:
- Arnaud BAYLE, éducateur à l'environnement, embauché en 2001, responsable du jardin refuge
- Pascale MOULIN, animatrice du patrimoine, embauchée en 2002, en charge de la gestion administrative et de la coordination de l’association
- Jean-Christophe SAUTOUR, éducateur à l'environnement, embauché en 1999, webmaster, en charge de la comptabilité
Les salariés sont expérimentés et disposent des compétences adaptées à leur poste. Ils suivent des formations en fonction de leurs besoins et disponibilités. L'équipe est stable. Ils ont accepté de diminuer leur temps de travail de 10 % en 2016 car l'association connaissait des difficultés financières
1.2. La situation géographique de l'association
Les bureaux de l'ADATER sont situés à Château sur Allier dans le nord du département de l'Allier (03), zone du Bocage Bourbonnais en région Auvergne Rhône-Alpes. Le jardin refuge se trouve au Veurdre, commune voisine. [Localisation sur les cartes ci-dessous]
Carte de France permettant de localiser la région Auvergne Rhône Alpes.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Auvergne-Rh%C3%B4ne-Alpes
Carte de la région Auvergne Rhône-Alpes indiquant les départements et le village de Château sur Allier
Source ;: https://decouverte/geographie/222-regions-france-departements-prefectures
Château sur Allier se trouve à la rencontre de 3 départements : Allier, Cher et Nièvre comme le montre la carte ci-dessous. Cette situation géographique particulière permet à l'association de travailler avec 3 collectivités : Conseil départemental de l'Allier, Conseil départemental du Cher et Conseil départemental de la Nièvre.
Carte des départements français du centre de la France
Source : http://www.cartesfrance.fr/carte-france-departement/carte-france-departements.html
1.3. Les missions de l'association
En 2005, l'association a redéfini son projet associatif (En annexes p 3 et 4) et a défini ses missions :
- Former à l’éco-citoyenneté : par des animations de découverte de la nature, de l’environnement, du patrimoine historique, auprès du jeune public,
- Promouvoir le patrimoine local : par des sorties à thèmes, des stages, des expositions,
- Permettre aux terroirs de demeurer vivants : en faisant de l’association un acteur départemental et interdépartemental à part entière et un partenaire privilégié des collectivités locales en matière d’environnement.
Elle fait partie des comités de gestion de deux Espaces Naturels Sensibles (ENS) : Etang de Goule (18) et (03) et le site des Coqueteaux (03). Ces espaces appartiennent aux Conseils Départementaux (Ex Conseils Généraux) qui ont engagé une démarche volontariste de préservation, restauration et valorisation de sites naturels remarquables. L'ADATER, ainsi que d'autres associations, sont missionnées pour animer ces sitesv (voir les animations proposées sur la plaquette de présentation en annexe page 5).
Pour l'aider dans ses missions et avoir connaissance des appels à projets , l'ADATER travaille en réseau avec plusieurs partenaires :
- GRAINE Centre Val de Loire (http://www.grainecentre.org/)
- France Nature Environnement Allier(https://www.alliernature.asso.fr/)
- Réseau Ecole et Nature (http://reseauecoleetnature.org/)
- Réseau Compost Citoyen (https://reseaucompost.org/)
- Réseau d'Education à l'Environnement Auvergne (http://ree- auvergne.org)
- Offices de Tourisme de Moulins(03) et Saint Pierre Le Moutier (58)
Logo de l'Adater
Source : http://www.adater.org/
1.4. Le fonctionnement : moyens de production et budget
L'association loue un bureau à Château/Allier pour le travail des salariés et entreposer le matériel administratif et pédagogique, la documentation, les expositions... Elle a acheté une partie du jardin refuge situé sur la commune voisine du Veurdre. Sur cette même commune, elle est propriétaire d'un garage dans lequel elle entrepose du matériel. La commune de Château prête une ancienne salle de classe pour les réunions et les animations d'intérieur. L'ADATER possède un broyeur de végétaux pour entretenir le jardin et organiser les animations « BRF, Bois Raméal Fragmenté ».
L'association est reconnue d'intérêt général depuis 2006 ce qui lui permet de délivrer un reçu fiscal à chaque adhérent. Le fait d'être située en Zone de Revitalisation Rurale (ZRR) lui permet de bénéficier d'une réduction de charges sur les salaires. Malgré cela, on peut constater, en regardant les diagrammes du budget ci-dessous que les charges les plus importantes sont les salaires des trois employés. L'autre dépense importante est représentée par les déplacements ce qui s'explique par les interventions dans des départements ruraux, assez vastes mais avec une faible densité de population.
L'ADATER doit faire face à la diminution du nombre d'heures d'animations scolaires : jusqu'à maintenant elles représentaient 80 % du chiffre d'affaires. Elle doit aussi faire face à la diminution des subventions notamment de l'Etat (DREAL : Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) et des CD : (Conseils Départementaux).
Malgré les difficultés financières liées à cette situation, les animateurs restent plutôt optimistes. Ils ont su faire face aux changements précédents et savent qu'ils doivent être innovants et chercher de nouveaux secteurs d'activités. Ils pensent que le domaine des déchets sera un secteur important dans les prochaines années car les entreprises devront apprendre à trier leurs « bio déchets » : plus de matière organique avec les ordures ménagères. Du côté de la DREAL, partenaire historique de l'ADATER, elle privilégie depuis 2018 les appels à projets pour des actions menées avec des adultes et séniors alors qu'elle subventionnait auparavant les animations avec les enfants. L'ADATER doit donc innover en permanence pour être en adéquation avec les nouvelles orientations de l'état dans le domaine de l'EEDD.
2. Les activités proposées par l'association
2.1. Les animations en direction des jeunes
L'ADATER apporte ses compétences pédagogiques et scientifiques aux enseignants souhaitant élaborer un projet pour sensibiliser leurs élèves à l'environnement, la nature, l'éco-citoyenneté, le développement durable... Lors des animations « projet », l'animateur intervient auprès de la classe trois fois au cours de l'année scolaire. L'animateur prévoit généralement une journée d'intervention par trimestre. La journée se compose d'une sortie sur le terrain et de l'exploitation, en classe, des données observées au cours de cette sortie. Des supports pédagogiques sont proposés aux enseignants pour qu'ils puissent retravailler le thème en classe après l'animation.
Animation scolaire sur l'E.N.S. des Coqueteaux à Montilly (03)
CdA
Les animateurs interviennent aussi lors d'activités ponctuelles proposées en milieu scolaire, pour les centres de loisirs ou de vacances. Ils se déplacent alors dans les écoles et les centres de loisirs et vacances à la journée ou ½ journée sur le thème de leur choix en relation avec l'éducation à l'environnement : insectes, oiseaux, arbres… Les enfants peuvent également être accueillis pour une journée ou ½ journée dans le jardin refuge du Veurdre. Ils découvriront alors le jardin en permaculture, le chemin sensoriel, la rivière Allier... Enfin, les enfants peuvent être accueillis sur un site particulier : forêt de Tronçais, E.N.S. des Coqueteaux...
Les collèges de l’Allier sont également aidés par un animateur de l'ADATER pour réduire le gaspillage alimentaire auprès d’un groupe d’élèves qui joue le rôle d’ambassadeur du projet.
2.2. Les animations grand public
Les animations peuvent être à la demande de collectivités, de particuliers ou programmées par l'ADATER. La plaquette de présentation des activités pour 2019 se trouve en annexe p 5. Elles sont proposées tout au long de l'année. Il s'agit de sorties ou de stages pour découvrir le patrimoine naturel du territoire sur les thèmes suivants : jardinage, cuisine, observations faune et flore, champignons, rallyes nature, sorties en kayak ou canoë, sculpture, vannerie, fabriquer ses éco-produits, balade nature et patrimoine, compost....
Ce sont les animateurs de l'association ainsi que certains bénévoles aux compétences reconnues qui encadrent le public lors des sorties. Certaines sorties sont payantes ou demi-tarif pour les enfants et adhérents sauf les stages à la journée, d'autres sont complètement gratuites. Les tarifs sont indiqués sur la plaquette de présentation.
2.3. Les formations
L'ADATER, référencée comme organisme de formation des acteurs à la prévention et à la gestion de proximité des biodéchets auprès de l'ADEME (Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), peut accompagner n'importe quelle structure qui le souhaite (école, entreprise, hôpital, ehpad, commune, quartier, immeuble……) à mettre en place du compostage. Elle peut aussi former sur la gestion de la matière organique (paillis, compostage,brf, jardin au naturel…)
Après avoir créé un petit jardin à la demande d'une collectivité, les animateurs de l'ADATER se sont rendus compte qu'un jardin était un outil pédagogique précieux et ont décidé de créer leur propre jardin au Veurdre. Celui-ci deviendra très vite un jardin refuge utilisé pour les animations mais aussi les formations. Deux autres jardins seront créés un peu plus tard à la demande de collectivités.
Les jardins conçus par l'ADATER
Les trois jardins créés par l'ADATER et conduits en permaculture (définition ci-dessous) sont des supports pédagogiques pour l'Education à l'Environnement et au Développement Durable. Ils sont utilisés dans de nombreuses animations. Je ne parlerai pas du jardin des Phacélies, sur la commune d'Avermes (03) qui avait pour vocation la réinsertion d'adultes, que je n'ai pas eu l'occasion d'étudier au cours de mon stage. Par contre, j'ai pu accompagner mon maître de stage sur le jardin du château de Bellevue à Yzeure (03) et j'ai moi-même animé des séances dans le jardin refuge du Veurdre (03). Ces jardins jouent un rôle économique car ils permettent une certaine autonomie alimentaire, un rôle social car ils accueillent des animations mais ils sont également ouverts au public et enfin ils ont un rôle environnemental car ils favorisent la biodiversité.
Des photos de ces deux jardins se trouvent en annexes p 6, 7 et 8.
1. La permaculture : définition et règles à respecter
Selon Carine MAYO dans son livre « Le guide de la permaculture au jardin » aux éditions Terre Vivante : La permaculture est donc bien plus qu'une méthode de culture. C'est une démarche globale qui s'appuie sur une éthique reposant sur trois piliers : prendre soin de la Terre, prendre soin des humains, partager équitablement les ressources et les récoltes.
Pour prendre soin de la terre, il faut respecter plusieurs règles :
- Intervenir sur le sol le moins possible, on n'utilise plus le motoculteur qui retourne la terre et les êtres vivants du sol mais une grelinette (fourche à dents).
- Le paillage est indispensable pour garder l'humidité et une meilleure température au sol, pour apporter de l'azote, pour nourrir le sol en se décomposant, pour éviter le lessivage et la pousse d'herbe indésirable. On peut utiliser comme paillage, de préférence des matériaux trouvés sur place, la paille, le BRF (Bois raméal fragmenté obtenu par le broyage de végétaux fraichement coupés), le chanvre, les feuilles mortes...
- Il est important d'arroser le moins possible pour ne pas perturber l'équilibre du sol et pour économiser la ressource en eau. L'eau est une denrée qui se raréfie, on a connu une sécheresse en 2018 et il n'a pas assez plu en hiver et au printemps 2019 pour reconstituer les réserves. On se doit donc de protéger cette ressource.
- Il est préconisé de travailler les parcelles en association et pas en monoculture pour favoriser la diversité et la présence d'auxiliaires (vers de terre , taupes, papillons, coccinelles..). Par exemple, la plantation d'œillets d'Inde au milieu des tomates permet de repousser les pucerons tentés de venir manger les pieds de tomates. Si on plante en monoculture, il y a plus de risque que les plantes soient attaquées en même temps par des « nuisibles » : insectes ravageurs, rongeurs....
- Privilégier les variétés locales qui sont plus résistantes aux conditions climatiques locales et aux maladies. C'est aussi sauvegarder du patrimoine.
- Favoriser la biodiversité en laissant une place au jardin pour un tas de bois, de sable, de pierres, de compost, une mare, des gîtes à insectes, nichoirs, mangeoires, herbes folles, prairie fleurie, plantes aromatiques et mellifères...(Voir le croquis p 20, source : Comment aménager un terrain pour inviter la faune et la flore)
- Ne pas utiliser de produits chimiques (pesticides, fongicides, herbicides...). De toute façon, la loi ne le permet plus depuis le 1er janvier 2019 avec la mise en place du plan écophyto et la loi LABBE. Pour éloigner les indésirables, il faut travailler avec les auxiliaires. Par exemple favoriser la présence de coccinelles qui vont manger les pucerons. Certains produits sont toutefois autorisés en agriculture biologique et on peut utiliser des plantes pour faire ses propres préparations, la plus célèbre étant le purin d'ortie. Pour réaliser ses purins et favorer la présence d'auxiliaires, il faut laisser pousser des orties, planter de la consoude, des plantes mellifères (lavande, bourrache...), des aromatiques (mélisse, origan...)
-Ne pas employer les engrais chimiques pour ne pas tuer la vie du sol et lui laisser le temps dont il a besoin. On peut nourrir le sol avec des purins « faits maison » comme le purin d'ortie (déjà cité) ou semer des engrais verts comme la phacélie.
Ci-dessous, terrain idéal en permaculture :
Comment aménager un terrain pour inviter la faune et la flore
Source : Jardin sauvage, collection Connaître et Protéger la Nature CPN
2. Le jardin du château de Bellevue à Yzeure (03)
Ce jardin a été réalisé par Arnaud Bayle, animateur nature à l'ADATER, à la demande de l'UTAS (Unité Territoriale d'Action Sociale) pour servir de support à des visites médiatisées entre parents et enfants confiés à des familles d'accueil. Ce jardin a été conçu sur un espace enherbé placé juste devant le château de Bellevue. Voir photo ci-dessous.
Château de Bellevue, état initial
Source : http://www.paysdauvergne.fr/allier/yzeure.html
2.1. La localisation du jardin de Bellevue
Ce jardin est situé à Yzeure, devant un château accueillant les services de l'Education Nationale, le CIO (Centre d'Information et d'Orientation), les archives départementales, les UTAS (Unités Territoriales d'Action Sociale)...
Carte de la région Auvergne Rhône-Alpes
situant le village de Château sur Allier et la ville d'Yzeure
Source ;: https://decouverte/geographie/222-regions-france-departements-prefectures
2.2. La composition du jardin de Bellevue
Tous les éléments, sauf la mare, ont été réalisés avec des matériaux locaux et de réemploi :
- Une dizaine de rectangles potagers délimités par des planches en bois brut qui retiennent la terre. Ils servent à faire pousser des légumes en association avec des plantes aromatiques et mellifères (photo ci-dessous).
- Une mare : même un petit bassin favorise les amphibiens et les insectes aquatiques. Elle sert de lieu de reproduction à certaines espèces et de lieu de baignade pour de nombreux oiseaux. Elle a été réalisée avec un bassin préformé acheté dans le commerce et contient quelques plantes aquatiques (massettes, roseaux, menthe aquatique...). Elle est entourée de poteaux en bois servant de protection. Des herbes folles ont poussé naturellement autour (annexe page6).
- Deux composteurs, utilisés par les agents d'entretien de l'espace public de la ville d'Yzeure, sont à disposition des habitants et des personnes travaillant dans les différents services du château. Ils évitent de jeter les déchets végétaux et permettent d'obtenir un bon terreau. En plus, ils attirent de nombreux animaux (annexe page 6).
- Deux hôtel à insectes. L'un est composé de buches percées, tiges creuses et tas de bois. L'autre est rempli de tubes transparents (corps d'un stylo) permettant d'observer les insectes qui s'y installent et comment ils utilisent cet espace (annexe page 6) .
- De grands arbres d'une trentaine de mètres attirent plusieurs espèces d'oiseaux, insectes, lichens, champignons....
Espace potager devant le château de Bellevue (CdA)
2.3. L'utilisation du jardin de Bellevue
Un mercredi sur deux, un animateur de l’ADATER propose une animation, qui peut durer de 30 mn à 2 heures environ, à des enfants placés en famille d’accueil et ses parents biologiques. Les relations sont extrêmement difficiles parfois entre les parents et les enfants et il y a toujours une ou deux personnes de l'UTAS présentes pendant ces moments. L’animateur a choisi le jardin comme support aux activités proposées pour unir enfants et parents dans un même projet. Exemple d'animations proposées : jardinage (semis, récolte, desherbage...), reconnaissance de plantes aromatiques, reconnaissance d'espèces aquatiques, coloriage avec des baies... Le lien parent-enfant se noue à partir de l'entraide et de l'accomplissemnt d'une même tache. L'effet calmant du jardin opère au travers de ces actions. C'est aussi l'occasion pour ces personnes de se reconnecter à la nature. Les enfants et les parents peuvent également jouer avec des jeux de 7 familles fabriqués par l'animateur sur le thème du jardin.
Cela fait maintenant une dizaine d’années que l’ADATER intervient sur ce genre de prestation. Le contexte est parfois pesant mais le jardin agit comme un médiateur.
Ce jardin est ouvert au public en accès libre. Une signalétique a été mise en place pour expliquer la démarche globale et donner des renseignements sur les différents espaces existants.
Pancarte explicative placée au milieu du jardin de Bellevue
Cda
3. Le jardin-refuge au Veurdre (03)
Le terrain sur lequel se trouve le jardin a été acheté par l'association en 2003. Auparavant, c'étaient des jardins ouvriers en friche. Il a été réalisé par Arnaud BAYLE, éducateur à l'environnement de l'ADATER, secondé par un stagiaire et des bénévoles. La création de ce jardin comme support pédagogique a débuté en 2005. Ce jardin est appelé jardin-refuge car il a été conçu pour assurer une production potagère tout en protégeant la faune sauvage, pour aménager un espace calme où peuvent cohabiter les humains et les animaux et pour réintroduire de la biodiversité.
3.1.La localisation du jardin-refuge
Ce jardin est situé au Veurdre, petite commune limitrophe avec Château/Allier, à côté d'une carrière et de la rivière Allier.
3.2. La composition du jardin-refuge
Le sol du jardin refuge est sablonneux, il est enrichi régulièrement et naturellement car il est conduit en permaculture (voir La définition de la permaculture page???). La présence d'une carrière et de la rivière à proximité a permis d'avoir des matériaux de construction à disposition : pierres pour les murets, bois flotté... Ce jardin se compose de nombreux espaces différents : une grande mare naturelle, un abri en pierre et bois, des gites à insectes, nichoirs et mangeoires, un sentier sensoriel, différents composteurs (en bois, à l'air libre, en tas) , un mur de pierres sèches, des carrés potagers, un coin avec différents types de ruches, des toilettes sèches, plusieurs friches, un coin d'orties, des arbustes, des arbres, des fruitiers … Tout a été conçu, seuls quelques arbres étaient déjà en place, pour devenir un outil pédagogique. Chaque élément est nécessaire à la création d'un jardin vivant et diversifié.
Grande mare : elle a été creusée et retient l'eau grâce à une bâche posée dans le fond. Elle est alimentée par l'eau de pluie. Elle accueille de nombreuses espèces d'amphibiens et d'insectes : grenouilles, tritons, libellules mais aussi couleuvre... Elle est aussi utilisée comme réserve d'eau pour arroser le potager. Placée à un endroit ensoleillé, ses pentes sont douces pour ne pas devenir un piège pour des animaux qui ne peuvent pas sortir de l'eau (lézards, hérissons...) et pour favoriser le développement des herbes aquatiques.
Un abri en pierre et bois qui sert :
à stocker du matériel utilisé dans le jardin et lors des animations
à présenter du land art, œuvre artistique éphémère : sculptures, mandalas (photo ci-dessous)
Mandala réalisé par des élèves de l'école primaire de Saint Plaisir
avec des matériaux naturels : cailloux, feuilles, fleurs...
(CdA)
De nombreux gites à insectes, principalement des bûches percées, sont disposés à différents endroits du jardin en fonction de plusieurs critères :
l'orientation : de préférence SUD-EST pour recevoir les rayons du soleil matinaux, être à l'abri du vent dominant et de la pluie
la taille : selon sa taille, le gîte sera accroché à un arbre ou posé au sol
la présence de nourriture
Les nichoirs accueillent différentes espèces d'oiseaux en fonction du diamètre du trou d'envol. Pour qu'ils soient habités, il faut respecter plusieurs règles :
Utiliser des planches de bois brut
Ne pas placer de perchoir qui pourrait servir aux prédateurs
Ne pas peindre les nichoirs avec de la peinture toxique et de couleur vive
Nettoyer le nichoir chaque hiver
Installer le nichoir dès l'automne ou au début de l'hiver
Poser le nichoir entre 2 et 3 m de hauteur, on peut varier la hauteur car certain oiseau niche près du sol
orienter le trou d'envol à l'opposé des vents dominants, jamais en plein soleil ni en plein vent
Sentier sensoriel : les enfants doivent se servir de leurs sens pour parcourir le sentier composé de plusieurs éléments disposés au sol : foin, pommes de pin, argile, bois, herbe, eau... Ils se déplacent pieds nus et les yeux bandés. Les participants doivent reconnaître les matériaux sur lesquels ils posent les pieds. Le toucher par les pieds et les yeux bandés est source d'inquiétude, pour cette raison et des questions de sécurité, un adulte doit toujours accompagner l'enfant. Etre nu pied permet aussi de renouer le contact avec la nature et de ne plus en avoir peur. Il a donc sa place dans l'éducation à l'environnement.
Différents composteurs sont installés dans le jardin : composteur en bois acheté dans le commerce, composteur fait maison et tas de compost posé sur le sol. Le compostage est très utile dans un jardin :
- Il peut acccueillir tous les restes de végétaux de tonte, de taille, du potager...mais aussi les déchets de cuisine, la cendre de bois, le fumier d'animaux, les serviettes en papier, le marc de café ... et réduire considérablement le volume des ordures ménagères
- Il va produire du terreau de qualité
- Il sert d'abri à de nombreuses espèces tout au long de l'année
Pour obtenir un compost de qualité, il faut respecter quelques règles :
- Ne pas mettre de déchets végétaux trop gros, les broyer si nécessaire
- Alterner les différentes catégories de déchets (verts et bruns, secs et humides)
- Brasser le compost
- Vérifier l'humidité (pas trop sec ni trop humide)
- Installer le tas de compost dans un endroit aéré et à mi ombre de préférence
Les espaces pour le potager : la terre qui sert de substrat est fabriquée sur place à partir du compost lui-même fabriqué avec les restes de végétaux de taille, du jardin, de la tonte auxquels on peut ajouter de la paille, du fumier, de la cendre de bois, des morceaux de bois....Tous les « déchets verts » sont recyclés. Le potager nourrit l'homme mais également les animaux.
Dans le jardin-refuge, le potager montre :
- Qu'il est possible de jardiner sans utiliser de produits phytosanitaires,
- Que le rendement peut être important sans engrais chimiques,
- Que l'on peut « fabrique » la terre qui sert de substrat,
- Que le paillage est utile,
- Que l'arrosage peut être très réduit,
- Que le motoculteur est inutile, seule la grelinette est utilisée,
- Que dans les cultures associées on observe la présence d'auxiliaires
Un coin avec différents types de ruches permet d'accueillir les abeilles. Leur présence dans le jardin refuge, permet d'aborder différents thèmes : espèce en voie de disparition, protection des espèces, pollinisation, règles à respecter avant d'installer des ruches chez soi. La production de miel dans le jardin refuge est assez faible.
Les toilettes sèches : très écologiques dans un lieu où il n'y a ni eau ni électricité. Elles permettent d'aborder le sujet : construction, fonctionnement, hygiène et quantité d'eau économisée.
Les herbes folles. Beaucoup d'insectes et de petits animaux y trouve à boire, à manger et de quoi s'y loger. Ces herbes poussent spontanément et ne sont pas tondues. Plusieurs espaces sont réservés aux herbes folles dans le jardin-refuge.
Muret de pierres sèches : orienté Nord/Sud de préférence, il va favoriser l'installation de nombreux végétaux et animaux : escargots, amphibiens, lézards, araignées...Le mur a une base solide faite de sable et de gravats puis de grosses pierres. Les pierres plus petites sont ensuite empilées les unes sur les autres de la façon la plus stable possible. On peut laisser des petits abris à l'intérieur qui serviront de refuge.
Un coin d'orties : c'est une plante garde-manger pour une multitude de petites bêtes, elle peut être utilisée pour faire du purin utile en engrais ou pour lutter contre les pucerons. Elle est aussi pleine de minéraux et de vitamines et peut être consommée par l'homme.
Vue d'ensemble du jardin refuge du Veudre
CdA
3.3. L'utilisation du jardin-refuge
Les animations proposées par l'ADATER dans le jardin-refuge permettent de toucher tous les publics : enfants, famille, séniors. Le jardin-refuge est également ouvert au public, en visite libre, tous les jours.
Les animations ponctuelles
Les enfants des écoles et des centres de loisirs peuvent être accueillis pour une journée ou ½ journée dans le jardin refuge. Ils découvriront alors le jardin en permaculture, le chemin sensoriel, le compostage, la rivière Allier... Les élèves sont divisés en plusieurs groupes et pratiquent le coloriage avec des baies, la reconnaissance de plantes aromatiques au toucher et à l'odorat., l'écoute et la reconnaissance de chant d'oiseaux dans un endroit isolé, la capture et l'observation d'animaux aquatiques de l'Allier ou de la mare....
Pêche au troubleau pour capturer les animaux de la mare
CdA
Les échanges avec les personnes âgées
Les personnes âgées se retrouvent au jardin refuge du Veurdre ou dans un jardin que l’un des adhérents de l’association met à disposition pour échanger autour de leurs différentes méthodes de jardinage. Il y a échanges de pratiques, de savoirs, de graines, de plants….. En cas de mauvais temps, des ateliers vanneries sont mis en place. L’animateur choisit un thème pour chaque séance et apporte son savoir professionnel. Le jardin permet à ces retraités d’avoir une activité et des temps de rencontre et d’échange.
Les liens parents-enfants lors des visites du jardin
Un des objectifs d’une visite du jardin refuge ouvert au grand public est de créer ou resserrer les liens entre les parents et leurs enfants. Pour l’atteindre, des activités sont mises en place au sein du jardin refuge :
- sentier sensoriel, chemin que l’enfant emprunte les yeux bandés et pieds nus guidé par ses parents
- atelier de coloriage avec des baies non toxiques (mûres, prunelles, framboises...) ramassées dans le jardin avec un parent
Cette démarche fonctionne aussi entre élèves et enseignants.
Les animations à la demande de particuliers
Les enfants peuvent fêter leur anniversaire avec leurs ami(e)s dans le grand jardin refuge du Veurdre et faire des activités ludiques autour du thème de la nature. Dans ce cas là, il y a un animateur pour encadrer.
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